Mis au point par une compagnie de Gatineau, le logiciel BlueBear permet d'exécuter en quelques heures ce qu'arrive à faire un policier en plusieurs semaines, voire en quelques mois.
La technologie est actuellement testée par le FBI, le département américain de la Sécurité intérieure et plusieurs autres corps de police canadiens, dont la police de Winnipeg et de York. Il en va de même pour les forces policières de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande.
La GRC, selon ce que nous avons appris, décidera d'ici la fin du mois si elle ajoute cet outil informatique à ses méthodes d'enquête.
Plus de 300 000 images
Lorsqu'un pédophile est pincé, l'une des premières tâches que doivent accomplir les services policiers, avant même de pouvoir déposer des accusations, est d'analyser les milliers d'images que contient son ordinateur.
En moyenne, un ordinateur renferme entre 300 000 et 450 000 images. Actuellement, chacune de ces images doit être ouverte manuellement et analysée par un policier.
«Notre logiciel ne prend pas de décision à la place du policier», précise le président de BlueBear, Antoine Normand.
En se basant sur des images de pornographie déjà en banque, le logiciel arrive à décomposer chaque nouvelle photo et détermine, selon le contraste des couleurs de chacun des pixels, par exemple, si c'est de la por nographie ou autre chose.
Analyse pertinente
Plutôt que de devoir analyser des centaines de milliers d'images dont la plupart ne sont pas pertinentes, le policier n'aura qu'à se pencher sur le matériel pornographique, poursuit l'homme d'affaires de Gatineau.
«Notre logiciel diminue de 80 à 92% le nombre d'images devant être vues par un policier, dit M. Normand. Aucun autre outil informatique dans le monde n'arrive à faire ça. La marge d'erreur du logiciel est nulle.»
La pornographie juvénile est un fléau qui prend de plus en plus d'importance et ce n'est pas en embauchant plus de policiers ou en payant des quantités énormes d'heures supplémentaires que les forces de l'ordre vont l'éradiquer, estime M. Normand.
«La lutte à la pornographie juvénile passe par des outils informatiques adaptés aux réalités d'Internet», affirme-t-il.
- La pornographie juvénile dans Internet est une industrie qui génère plus de 2 milliards par année.
- Le nombre de fichiers contenant de la pornographie juvénile dans Internet est quatre fois plus important aujourd'hui qu'en 2005.
- Au Canada seulement, on estime à 205 000 le nombre d'ordinateurs contenant de la pornographie impliquant des enfants.
- 92% des Canadiens se disent préoccupés pas la distribution de pornographie juvénile dans Internet.
- En 2003, 99% des accusations de production, consommation et distribution de pornographie juvénile concernaient des hommes.
- En 1998, il n'y a eu que 20 accusations liées à la pornographie juvénile pour tout le Canada. En 2006, 126 infractions de pornographie juvénile ont été enregistrées au Québec et 204 en 2006.
Sources: Le Centre canadien de la protection de l'enfance, le ministère de la Sécurité publique du Québec et Statistique Canada.