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Si Alexandre Jardin s’est déjà éloigné de son thème favori pour croquer la figure de son père dans Le Zubial, il le fait ici de manière plus conséquente encore. En effet, c’est toute sa famille de doux dingues qui défile cette fois devant les yeux du lecteur.
Alexandre en a assez d’écrire sur l’amour et l’union parfaite des êtres, lui qui ne fut même pas capable de vivre ses romans. Afin d’expliquer sa passion pour la vérité et l’amour paroxystique, il s’interroge et se demande: aurais-je souffert des différentes figures de la famille Jardin?
En effet, cette dernière pourrait figurer au Zoo ou dans un catalogue de curiosités. Ayant érigé le rêve comme credo, ils ont tous remodelé le monde à leur goût sans crainte aucune d’une « résistance » du réel. Alexandre Jardin a grandi entouré de gens ne s’embarrassant d’aucune contrainte, fuyant les conventions et la normalité, capable de nier les choses pour mieux imposer leur vérité toute personnelle.
Cette plongée dans l’univers des Jardin est des plus fascinante. On ne peut qu’être intrigué par ces différentes figures familiales semblant tout droit sorti de l’imagination d’un romancier.
Malheureusement, comme Alexandre Jardin effectue une sorte de thérapie en faisant défiler devant nos yeux ces pages de l’album familial, on en voit certaines se tourner un peu trop vite. On aimerait parfois l’arrêter et lui dire «non, attends! Racontes nous un peu plus le Nain Jaune et ses intrigues, L’Arquebuse et ses amours». C’est néanmoins avec plaisir que l’on rentre dans ce monde qui nous apprend que finalement le merveilleux est souvent à porté de mains et le goût de trop peu que l’on ressent n’est après tout que le reflet des bons moments qu’Alexandre nous fait passer en la compagnie des Jardin.
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