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Le succès de l'été
L'auditoire subjugué par le son Gnarls Barkley
Canoë Par Mary Dickie - Toronto Sun

Danger Mouse et Cee-Lo en costumes inspirés du film Clockwork Orange.

Il est difficile de ne pas penser à l’expression «complètement fou» lorsqu’il est question de Gnarls Barkley. Et justement, le premier single du groupe s’intitule Crazy, mais le qualificatif pourrait aussi bien s’appliquer à l’accueil mondial de cette chanson — le premier hit à se classer au sommet du palmarès par les ventes en ligne seulement; c’est en fait la chanson fétiche de l’été 2006 — qui marque la fin de la vie relativement calme du rappeur-chanteur Cee-Lo et de son acolyte, le réalisateur Danger Mouse.

«Nous pensions bien que l’auditoire l’aimerait éventuellement pour peu qu’elle soit entendue, rien de plus», de dire Danger Mouse, alias Brian Burton, au cours d’une pause dans la tournée 2006, la semaine dernière à Toronto. «Le succès s’avère en fait une véritable surprise qui ne se dément plus depuis que nous avons lancé l’album. Et pour nous aussi cela ne s’arrête pas».

«Je ne crois pas que l’on puisse jamais prédire ce genre de chose», d’ajouter Cee-Lo, alias Thomas Callaway. «Si l’on peut consolider l’intention, jamais l’on ne peut prédire le résultat final».

Le premier album de Gnarls Barkley, intitulé St. Elsewhere, constitue bien plus que l’emballage jetable d’un single à grand succès. C’est une concoction irrésistible de R&B-hip-hop-soul dosée par deux pensées musicales remarquablement complémentaires. Danger Mouse – réalisateur du disque The Grey Album, une brillante synthèse de l’album blanc des Beatles et du Black Album de Jay-Z, a également collaboré au projet Gorillaz, le groupe de Damon Albarn, procurant les mélodies d’ambiance dont plusieurs sont extraites de bandes sonores de films italiens, des rythmes funk et autres sons assortis, pendant que Cee-Lo, du groupe Goodie Mob, contribuait les vocalises étincelantes et pleines d’émotion. Pas mal pour un projet ponctuel!...

«J’ai appelé Cee-Lo pour travailler sur un remix dans le cadre du projet de disque Danger Mouse-Jemini», se souvient Danger Mouse. «Dès le premier jour, nous avons à toute fin pratique décidé de réaliser un projet complet à partir de la musique que je lui avait fait entendre».

«J’ai d’abord auditionné quelques pistes et je me suis dis – ça alors, je n’ai jamais rien entendu de pareil auparavant!», intervient Cee-Lo. «Je lui ai dis que je serais intéressé à utiliser quelques-unes de ses pistes, et il a répliqué qu’il ne faisait pas de pistes, qu’il réalisait uniquement des albums. Nous avons donc réalisé un album.

«La musique apparaît en premier», d’expliquer Danger Mouse. «C’était une façon de parler à Cee-Lo. Enfin, toutes les paroles et vocalises furent produites par Cee-Lo à l’écoute de la musique, en toute liberté».

«La musique, la compagnie et cette chance qui s’offrait ont toutes définitivement contribué à mon écriture, déclare Cee-Lo, car autrement, jamais je n’aurais osé faire quelque chose comme cela. C’est un peu comme si les chansons existaient déjà et que mon écriture les captait tout simplement».

Pour l’instant, le duo poursuit une tournée avec un ensemble de treize musiciens, ce qui s’est avéré une autre surprise pour ces artistes.

«Au début, nous n’avions pas pensé une seule seconde à un spectacle sur scène – nous ne savions même pas si nous voulions considérer cette possibilité», de dire Danger Mouse. «Mais l’exécution de Cee-Lo est la même, sinon meilleure en spectacle, de sorte que s’offrait la possibilité de démontrer à l’auditoire que Cee-Lo est authentique; il s’agissait d’essayer pour voir ce qui en résulterait».


«Finalement, à l’usage, nous découvrons qu’il s’agit d’un disque auquel s’identifie l’auditoire lorsque nous l’exécutons sur scène. Et pour nous, il s’agit moins d’une performance que d’une célébration. Tout le monde chante avec nous – tout le monde cherche l’unisson. Nous avons par conséquent le sentiment que nous devons saisir la chance qui s’offre présentement, persuadés que nous ne le regretterons pas. Nous voulons garder vivant l’esprit qui nous anime».
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