Le nom d'Anik Jean est sur toutes les lèvres depuis le début de l'année. À peine connue du public québécois, la protégée de Jean Leloup assurait en janvier dernier la première partie du spectacle des Rolling Stones. Ce soir, l'auteure-compositrice-interprète ralliera sans doute de nouveaux fidèles à son fan-club avec sa prestation sur la scène extérieure des FrancoFolies de Montréal. En attendant, voici votre chance de faire connaissance avec l'artiste.
Q: À quoi peut-on s'attendre ce soir comme spectacle?
R: À un show très rock. J'ai une heure sur scène, alors j'ai mis quelques chansons de côté. Je mets l'accent sur le rock. Ça va bouger, c'est sûr!
Q: Feras-tu tes chansons en anglais bien qu'on soit aux FrancoFolies?
R: Je vais peut-être faire quand même deux chansons en anglais. Il faut dire que mon matériel est pas mal anglo.
Q: Le fait de faire un spectacle à l'extérieur t'anime ou t'inquiète? C'est l'une de tes premières expériences du genre...
R: Je trippe sur les shows dehors! Ça m'excite beaucoup de faire un spectacle comme ça. J'avais eu l'occasion d'y goûter un peu l'an dernier avec les Porn Flakes. Il va sûrement y avoir des gens qui vont me découvrir de cette façon : du fait que c'est gratuit, il n'y aura pas que mes fans dans le public.
Q: Les spectacles vont bon train depuis ta prestation en première partie des Rolling Stones. Jusqu'à quel point cette expérience t'a aidée?
R: Je dirais que ça m'a donné pas mal confiance. Veux, veux pas, ils m'ont choisie! J'ai eu aussi l'occasion de discuter avec eux. Bien sûr, à faire un stage comme le Centre Bell, on apprend beaucoup. Et tout ça, ça se met bien dans un CV! Ça a eu un peu le même effet que d'être la protégée de Jean Leloup.
Q: Ton spectacle a-t-il évolué depuis le début de ta tournée cet hiver?
R: J'ai tellement envie de créer qu'il faut que je me relaxe! En spectacle, ça te donne la chance d'expérimenter des sons et de nouvelles façons de faire. Plus qu'en studio, où il faut davantage calculer les sons. Je peux créer et modifier beaucoup de choses. Beaucoup de chansons ont changé de couleur.
Q: Lesquelles?
R: On a ajouté une intro à Junkie de toi, Trashy Saloon est aussi très différente et La Haine déplace beaucoup d'énergie.
Q: As-tu déjà commencé à travailler sur ton prochain album?
R: J'ai assez de chansons pour faire deux albums! J'en profite pendant que je n'ai pas le syndrome de la page blanche. Je devrais me mettre à travailler plus intensément sur l'album cet automne ou au début de l'hiver.
Q: Comptes-tu collaborer de nouveau avec Jean Leloup?
R: Cette fois, je veux que ce soit toutes mes chansons. Je souhaite plutôt aller chercher des collaborateurs au plan de la réalisation de l'album et du mixage. J'en ai quelques-uns dans la mire, mais je n'ai encore contacté personne.
Q: Le clip de Tendre Sorcière est en nomination pour meilleur clip franco aux MuchMusic Video Awards. As-tu bon espoir de gagner?
R: Du moins, je le souhaite vraiment, simplement pour le travail de Robin Aubert, qui a réalisé le clip. Il le mérite d'autant plus qu'il n'avait pas récolté de nomination pour son travail sur le film Saints-Martyrs- des-Damnés aux Jutra. On a travaillé fort sur ce clip tous les deux. C'est vraiment une belle surprise pour moi, tout comme la nomination aux Junos l'était.
Q: Ton rêve de collaboration en musique?
R: J'aimerais un jour travailler avec David Bowie, c'est ma plus grande influence... de tous les temps. Si j'avais la chance de collaborer avec lui ou de faire sa première partie de spectacle... je pourrais mourir le lendemain!
Q: Toi qui es une voyageuse dans l'âme, comptes-tu demeurer au Québec encore longtemps ?
R: Je suis vraiment contente que ma carrière ait pris cette tournure, que ça se soit passé comme ça. J'ai vraiment bûché très fort durant mes quatre années à Los Angeles. Je n'ai jamais arrêté et je n'ai pas lâché. J'apprécie vraiment ce qui m'arrive.
Q: À quand la carrière internationale?
R: On est en train d'élaborer un plan pour percer le marché de la France. Ça devrait se passer cet automne. Je veux m'établir là-bas avant les États-Unis. Mais reste que je me vois faire des spectacles partout dans le monde. J'aime rencontrer des gens de partout.
Q: Compteras-tu sur l'aide d'un mentor là-bas, comme un artiste québécois déjà établi pour t'introduire au public français?
R: Non, j'irai par moi-même. Je compte voler de mes propres ailes, maintenant.
Q: Quel sera ton prochain extrait radio et vidéo?
R: La Haine en version remixée par Ramasutra. Je suis tellement énervée, j'ai vraiment hâte que ça sorte: d'ici à la fin août. C'est vraiment une version hallucinante. J'admire Ramasutra depuis longtemps. On vient justement de tourner le clip il y a deux semaines.
Q: As-tu des projets spéciaux que tu souhaiterais accomplir dans le futur?
R: J'aimerais réaliser des albums un jour ou encore jouer avec un orchestre symphonique. J'aimerais aussi faire de la musique instrumentale ou encore de la musique de film. C'est un autre trip qui laisse beaucoup de place à l'imaginaire et au fantastique.
Anik Jean sera en spectacle ce soir à 22 h sur la scène de La Zone Molson Dry aux FrancoFolies de Montréal.
Elle sera aussi du spectacle de la Saint-Jean-Baptiste animé par France D'Amour à Québec le soir du 23 juin.
plevesque@journalmtl.com
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