Ce soir, Martin Petit promet d'amasser 118 milliards de dollars en trois heures et de régler le problème de la dette du Québec... Rien de moins pour l'humoriste qui animera un gala Juste pour rire dédié aux générations futures.
Q. Vous faites dans la démesure. Cent dix-huit milliards, c'est du jamais-vu?
R. C'est du jamais-vu, c'est vrai! Si je réussis, je vais révolutionner l'histoire des galas Juste pour rire. Ça méritera la une du Journal de Montréal trois fois.
Q. D'où vous est venue cette idée?
R. Tout ça est parti du projet du gouvernement Charest de créer le fonds des générations. Ce que je trouve drôle de Charest, c'est qu'il veut régler la dette pour les générations futures, mais lui ne veut pas mettre une cenne là-dedans. Ça m'a fait capoter et c'est devenu le point central du gala. J'ai donc deux buts dans ce gala: faire rire et ramasser de l'argent.
Q. Et comment allez-vous vous y prendre?
R. On compte sur les gens dans la salle, mais aussi sur ceux d'Illico. Il va y avoir des téléphonistes, les gens pourront donner leur numéro de carte de crédit, il va aussi y avoir des enveloppes sur les sièges. Vous avez compris que tout ça est une blague, bien sûr.
Q. Oui, mais c'est un beau prétexte pour faire participer le public. Avez-vous convié Jean Charest au gala, puisque tout ça le concerne?
R. Bien, mettons que ç'a plus ou moins cliqué entre lui et moi sur le plateau de Bons Baisers de France récemment. Je ne suis pas pro-Charest. Il n'a pas saisi l'ironie et le sérieux de ma proposition de transformer le Stade olympique en casino. Pourtant, cette proposition faisait réellement partie des cinq propositions de déménagement du casino. Lors de l'émission, il m'a répondu par un non ferme, sans aucun humour. Mon ironie lui a échappé complètement.
Q. De quoi allez-vous parler avec les invités?
R. Mon point de départ, c'est la génération X, dont je fais partie. Celle qui a hérité la première de la fameuse dette. Premièrement, c'est un très mauvais titre, ça ne veut absolument rien dire, génération X. J'ai décidé de changer le nom, mais ça c'est aux spectateurs du gala de le découvrir. Je vais aussi parler des baby-boomers et de la génération des 10-12 ans, à qui j'ai trouvé un nom qui va rester, je crois.
Q. Avez-vous puisé des idées dans vos capsules radio?
R. C'est sûr qu'en animant à la radio, je reste branché sur les préoccupations des gens.
Q. Quels invités avez-vous hâte que l'on découvre?
R. Christophe Alévêque, qui a une excellente réputation en France, et Anne Roumanoff, la plus française des Québécoises!
Q. Est-ce que l'écriture du gala est terminée?
R. Je suis encore en train de peaufiner les textes, et on est en pleine répétition en ce moment. Le nerf de la guerre, c'est la préparation!
Q. Avez-vous testé vos gags?
R. Oui, dans un bar de la rue Saint-Denis, hier (mardi dernier). Une petite boîte de 50 personnes, des jeunes surtout. Il y avait une belle énergie. Ça n'avait pas été annoncé, je suis arrivé là par surprise. C'est génial de pouvoir tester mes jokes comme ça, et la réponse a été bonne.
Q. Et le stress d'animer, comment le gérez-vous?
R. C'est surtout le stress de bien faire que je ressens, mais j'avoue que d'avoir testé mes gags hier soir enlève un peu de pression. C'est le cinquième gala que j'anime, je commence à être habitué, mais c'est une grosse charge de travail.
Q. Après 24 années de Festival Juste pour rire, avez-vous un souvenir de gala en tête?
R. Un numéro que j'avais fait en 1998 sur le Ku Klux Klan, plutôt audacieux. Deux gars en costumes du Ku Klux Klan dont un Noir, Didier Lucien, mettons que ça marque. Même aux États-Unis, personne n'aurait osé faire ça.
Q. Et pour le reste du festival, quel est votre programme?
R. Ça y est, j'anime mon gala et c'est fini. Je vais profiter des autres shows. Je veux voir le show XXX, les one-man-show d'artistes français et Bill Crosby.
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