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Radio
La grande mutation
Maxime Demers


 
L’univers de la radio québécoise est en pleine mutation. Comme l’industrie du disque et de la télévision, la radio conventionnelle doit maintenant composer avec l’arrivée de nouveaux joueurs issus des nouvelles technologies, comme la radio satellite et la radio sur Internet.

Si vous aviez dit aux gens de l’industrie du disque il y a dix ans qu’il y a un gars qui inventerait un jour un programme qui s’appelle Napster et qui permettrait le téléchargement de fichiers musicaux et que ça aurait un impact considérable sur les ventes de disques, il ne vous aurait jamais cru», souligne Pierre-Louis Smith, vice-président à l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR).

«C’était difficile à prévoir, mais la réalité est que le téléchargement illégal de fichiers musicaux a eu un impact incroyable sur le modèle économique de l’industrie du disque. On ne souhaite pas que ça arrive à l’industrie de la radio, c’est sûr, mais il faut prévoir…»

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  • Pour prévoir, justement, et pour se défendre contre l’offensive de ces nouveaux joueurs – Internet, la radio satellite, la radio sur cellulaire, la balado-diffusion, etc. – l’ACR a déposé il y a deux semaines un mémoire au CRTC dans lequel elle suggère de changer les règles du jeu.

    «Le problème, c’est que la radio au Canada s’est toujours développée dans un cadre réglementé, explique Pierre-Louis Smith, et que là, on entre à la vitesse grand V dans un univers où il y a deux systèmes parallèles: d’une part, le système réglementé avec les stations de radio conventionnelles (AM, FM) et d’une autre part, les services issus des nouvelles technologies.

    «Ce qu’on fait valoir au CRTC, c’est que lors de la dernière révision de la politique sur la radio, cette dernière était pratiquement le seul joueur à distribuer de la musique. Aujourd’hui, on se retrouve dans un univers où la radio n’est qu’une plate-forme qui distribue de la musique et que les autres plates-formes avec lesquelles elle doit lutter ne sont pas réglementées, ou encore sont très peu réglementées dans le cas de la radio satellite.»

    Pour que la radio puisse s’adapter à ces nouvelles technologies, l’ACR suggère entre autres au CRTC de resserrer les critères pour la mise en ondes de nouvelles stations. Elle propose aussi de faire passer de 35% à 25% le contenu canadien sur les grands succès datant d’avant 1985.

    Les jeunes

    Selon Pierre Louis-Smith, il est encore tôt pour mesurer l’impact de l’arrivée des nouvelles technologies dans le paysage radiophonique. Mais le pire est à craindre. L’ACR évalue que dans le contexte actuel, les chutes d’auditoire pourraient engendrer des pertes de 39?millions de dollars pour l’industrie d’ici 2010.


    Au Centre d’études sur les médias de l’Université Laval, on dénote une légère baisse de l’écoute de la radio au Québec, au cours des deux dernières années. En 2004, les Québécois consommaient 20?heures de radio quotidiennement, comparativement à 21 heures les années précédentes.

    «Ce n’est pas encore une baisse très importante, note Daniel Giroux, secrétaire général du Centre d’études sur les médias. C’était relativement stable avant et ça vient de baisser d’une heure.»

    Les chiffres compilés par le Centre d’études prouvent que ce sont surtout les ados et les jeunes de 18-24 ans qui délaissent la radio conventionnelle au profit des nouvelles technologies.

    «Les jeunes ne trouvent plus ce qu’ils cherchent à la radio, remarque Daniel Giroux. Ils se rabattent donc sur les échanges de musique sur Internet ou écoutent de la musique de leur choix sur leur iPod.»

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    Ça brasse

    Ça brasse à la radio depuis quelques années. À Québec, Jeff Fillion a souvent réglé ses comptes en ondes. Idem pour André Arthur. À Montréal, récemment, l’affaire Jean-René Dufort a fait couler beaucoup d’encre. On se souvient qu’Infoman a été remercié de l’équipe de l’émission matinale de CKOI Y’é trop de bonne heure, en novembre dernier, soi-disant parce que son style d’humour ne convenait plus à l’émission. Peu de temps après, Brathwaite faisait une sortie publique pour accuser Dufort de harcèlement psychologique envers la coanimatrice de l’émission, Roxane St-Gelais. Selon lui, l’ambiance au sein de l’équipe était devenue lourde parce que St-Gelais repoussait les avances de Dufort.

    Puis, trois mois plus tard, soit il y a deux semaines, coup de théâtre: Jean-René Dufort devient le nouveau morning man de CKOI, quelques jours après que Brathwaite a quitté la station, après 16 ans de loyaux services. La nouvelle émission de Dufort entre en ondes lundi matin.






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