Digne des meilleurs scénarios de bandes dessinées: un Montréalais a découvert un véritable trésor dans le sous-sol de la maison familiale, soit l'une des plus imposantes collections de comic books de l'histoire.
Tom Crippen savait que son père détenait plusieurs comic books. Mais autant, non.
Lorsque son père Davis est mort l'été dernier, il a déterré quelque 12 000 fascicules dans le sous-sol de la maison de son enfance près de New York.
Toute cette collection avait été achetée par son père entre 1938 et 1954 à l'époque du Golden Age des comic books.
Detective Comics, Suspense Comics, Superman, Donald Duck. La collection possède tous les exemplaires qui font rêver n'importe quel fan.
«J'ai toujours su que c'était là, mais j'ignorais totalement la vraie valeur de cette collection», indique Tom Crippen en entrevue au Journal de Montréal.
À l'origine, ce dernier croyait à tort que les comic books, achetés 10 sous à l'époque, valaient aujourd'hui entre 50 et 100 000 $.
Erreur! Selon la maison aux enchères chargée de la vente des livres, ils pourraient rapporter jusqu'à 2,5 millions de dollars.
«C'est une des collections les plus importantes trouvées depuis les trente dernières années», dit Marc Jetté, propriétaire de la librairie Studio 9, spécialisée dans les comic books.
Enchères
C'est la Heritage Auction Galleries qui s'occupe de la liquidation de la collection. La première vente a eu lieu à la mi-août au Texas. Elle a rapporté 718 000 $. Le très recherché Suspense Comics s'est vendu à lui seul 54 000 $.
La seconde vente aura lieu les 8 et 9 septembre à Baltimore. «Cette fois, on va mettre aux enchères le Superman # 1. Son prix minimum de vente est de 19 000 $», explique M. Crippen.
Une troisième mise aux enchères se tiendra plus tard cet automne.
Nicolas Cage
À son insu, une partie de la collection de Davis Crippen avait déjà été écoulée sur le marché des collectionneurs au début des années 90.
La famille Crippen soupçonne un individu d'avoir volé des exemplaires alors qu'il effectuait des rénovations dans leur maison.
Les quelques copies, connues sous le nom de la «D collection», ont ensuite été vendues sans que personne sache d'où elles provenaient.
Même l'acteur Nicolas Cage, un fan des comic books, s'en est procuré dix au gros prix.
Et pourquoi les fascicules sont-ils restés si intacts après toutes ces années ?
«Nous avons juste été chanceux. Le sous-sol est toujours resté froid et sec. Personne n'a jamais vraiment touché à ces comic books. Mon père ne les a même jamais lus, mais il ne voulait pas s'en départir», dit M. Crippen.