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28/08/2006 - 09h19
Festival des films du monde
Ange et démon
David Patry
Le Journal de Montréal


Bruno Ganz dans La Chute
Le Festival des films du monde rendait hommage à Bruno Ganz hier, un acteur dont la carrière a été marquée par des rôles forts lui valant un lot de louanges et de critiques. Incarnant tantôt un ange, tantôt un démon, l'acteur trouve tout de même des similitudes entre ces deux personnages mythiques pourtant opposés.

Dans La Chute, Bruno Ganz interprétait un Adolf Hitler au bord du précipice. Un rôle qui l'a propulsé dans le cercle fermé des grands du cinéma. Paradoxalement, c'est l'incarnation d'un ange dans Les Ailes du désir (1987) qui l'a fait connaître.

«Comme acteur, j'ai les capacités de jouer à la fois un ange et un démon. Mais pour moi, ce qui est très intéressant, c'est que ces deux rôles se rapprochent», avance Bruno Ganz.

«Hitler n'avait pas la pureté d'un ange, mais était dévoué pour une mission, une caractéristique que l'on attribue parfois aux anges», poursuit-il.

Conscient qu'il s'aventure sur un terrain miné, l'acteur s'empresse de livrer sa vision d'Hitler, un portrait fidèle à ce que l'histoire se rappellera du chef du parti nazi.

«Il tuait n'importe qui, il était vraiment d'une brutalité extrême. Il était monstrueux», rappelle le comédien, qui a lu énormément sur l'histoire du Führer avant de le personnifier au grand écran.

Marqué à jamais

Contrairement à ce qu'il pensait, Bruno Ganz ne faisait pas face au travail ordinaire d'un acteur en incarnant Adolf Hitler.

«Je croyais que je n'avais qu'à enlever la moustache et la perruque et que c'était fini, dit-il. Mais avec Hitler, ce n'est jamais fini. Je m'aperçois que ç'a eu un impact beaucoup plus important que je ne le pensais.»

On s'imagine facilement qu'il n'y a pas une journée qui passe sans que quelqu'un lui parle de ce rôle inhabituel. Certains l'ont d'ailleurs critiqué pour avoir montré un Adolf Hitler trop humain.

Des critiques qu'il accepte, surtout de la part des peuples qui ont souffert des actes du chef nazi. «Quand on ne fait pas dans la caricature, quand on fait ce personnage de manière plausible, il y a une certaine personnification qui s'exerce», explique-t-il.

Susciter les débats

Selon lui, ce film aura eu l'avantage de susciter les débats. Il trouve important que l'humanité se penche davantage sur ce virage catastrophique de l'histoire.

«On est loin d'avoir compris tout ce qui se passait», souligne Bruno Ganz.

Vivre la fin d'Hitler de l'intérieur lui a également permis de comprendre toute la souffrance que le personnage a fait subir aux victimes, envers lesquelles il ressent aujourd'hui une grande solidarité.

Hier, les cinéphiles du FFM ont pu apprécier Vitus, dernier film de Bruno Ganz. Serge Losique a profité de l'occasion pour lui remettre un prix hommage. Quatre autres films du célèbre acteur ont également été présentés, dont La Chute.

Bruno Ganz visite le Québec pour la première fois. Il s'agit de son deuxième passage au Canada, ayant déjà participé au festival de Toronto afin de présenter La Chute.





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